PLEINS FEUX SUR LE TIFF 2026 : quatre coproductions, quatre entrevues, quatre histoires.

02 • 09

Pour vous donner encore plus envie de découvrir la 51e édition du Festival international du film de Toronto (TIFF), du 10 au 20 septembre 2026, nous avons rencontré les producteurs de quatre coproductions canadiennes et autochtones sélectionnées.
Ces cinéastes nous livrent leurs réflexions sur le processus de coproduction, leur inspiration créative et d’autres anecdotes de tournage. Continuez à nous lire pour tout savoir !

Centrepiece

JULÍAN : Une équipe de rêve nommée aux Oscars se réunit.

Aircraft Pictures (Canada), Cartoon Saloon (Irlande), Sun Creature (Danemark), Melusine Productions (Luxembourg)

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Présenté en première nord-américaine au TIFF, JULÍAN a été présenté en première mondiale au Festival international du film d’animation d’Annecy 2026. Ce long métrage d’animation plein d’optimisme raconte l’été d’un garçon à Brooklyn auprès de sa grand-mère, alors qu’il redécouvre ses racines caribéennes et les joies de l’imagination.

Les coproducteurs canadiens du projet, la compagnie torontoise Aircraft Pictures, avaient déjà collaboré avec le studio irlandais Cartoon Saloon et la compagnie luxembourgeoise Melusine Productions (également impliquée dans Julián) sur un autre long métrage d’animation : The Breadwinner, sorti en 2017 et nommé aux Oscars®, qui comptait Angelina Jolie comme productrice exécutive.

JULÍAN a vu le jour lorsque Cartoon Saloon a acquis les droits du livre à succès de Jessica Love, Julián is a Mermaid, dont le film est tiré. Après cette expérience très positive, Aircraft Pictures « a sauté sur l’occasion » de faire à nouveau équipe avec cette équipe de rêve, se souviennent les producteurs Andrew Rosen et Anthony Leo, dont les titres récents comprennent Geek Girl pour Netflix, Circuit Breakers pour Apple TV+ et Gangnam Project pour CBBC/CBC. Le studio a déjà été nommé aux Emmy Awards et aux Prix Écrans canadiens.

Avec quatre pays impliqués, dont l’Irlande avec la réalisatrice Louise Bagnall, la contribution de chaque coproducteur reflétait son expertise spécifique. « La réalisation d’un long métrage d’animation indépendant nécessite beaucoup de mains, d’esprits et de sources de financement. C’est pourquoi nous nous sommes associés dans une équipe plus large regroupant quatre pays », explique Rosen à propos du processus de collaboration. « Un projet a plus de chances de réussir lorsque chaque coproducteur se concentre sur ce qu’il sait faire de mieux, et nous n’allons certainement pas dire aux experts comment faire de l’animation ! Pour ces projets d’animation, nous avons tendance à nous concentrer sur le doublage et tout ce qui touche à la postproduction, car c’est là que nous excellons. »

Comme Aircraft Pictures n’est pas principalement un studio d’animation, l’entreprise s’est consacrée à fournir « des rôles d’animation essentiels, utiles plus tard dans la production », tels que l’encrage et la colorisation ainsi que la composition en collaboration avec le studio Guru de Toronto, sans oublier le doublage, la musique et la postproduction. Par exemple, pour donner vie aux personnages du scénario avec authenticité et profondeur, Rosen et Leo n’ont pas eu à chercher plus loin que le riche bassin de talents de leur propre ville. « Toronto est une ville multiculturelle tellement dynamique que nous avons pu travailler avec des acteurs locaux qui incarnent tous les rôles avec une authenticité fidèle à l’univers de l’histoire, dans notre cas en montrant un quartier caribéen de Brooklyn. »

D’un point de vue commercial, lorsqu’il s’agit de rechercher des partenaires internationaux, Rosen estime que le bouche-à-oreille et la réputation sont les clés du succès, en particulier pour les projets d’animation. « Les bonnes relations que nous entretenons avec nos anciens partenaires de coproduction nous aident à attirer de nouveaux projets, et nous participons à de nombreux festivals internationaux d’animation, comme celui d’Annecy, où les producteurs étrangers savent que le Canada est un partenaire fiable en matière de production créative et de financement. »

Finalement, en tant qu’entreprise torontoise, Rosen et son équipe d’Aircraft Pictures sont « ravis » de présenter Julián au TIFF, dans leur ville natale. « C’est un rêve de partager l’expérience de voir le film sur grand écran avec nos familles et l’équipe locale, qui a travaillé si dur pour le réaliser. Nous faisons des films pour que les gens les regardent et en profitent, et Toronto a le meilleur public ! »

WHERE THE RIVER BEGINS (DONDE COMIENZA EL RÍO) : Trouver un chez-soi dans l’art et dans la vie

12 PM (Canada), Inercia Películas (Colombie), Midi La Nuit (Canada)

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Pour réaliser son troisième long métrage, le cinéaste montréalais né en Colombie Juan Andrés Arango a exploré son pays natal, une expérience qui faisait écho au thème de WHERE THE RIVER BEGINS.

En effet, ce voyage à travers le pays avec les acteurs, les actrices et l’équipe technique, de Bogotá à la jungle, a constitué un pèlerinage personnel et poétique qui a nourri ce film puissant, réalisé avec passion par toutes les personnes impliquées. Comme l’explique Arango, un voyage géographique peut être une porte d’accès vers l’intérieur, un moyen de « renouer avec cet endroit à l’intérieur que l’on appelle son chez-soi ».

WHERE THE RIVER BEGINS raconte l’histoire d’une jeune femme autochtone qui part avec sa fille dans la jungle pour échapper à la violence. Le tournage à travers la Colombie « a été très intense », explique-t-il, soulignant que la productrice colombienne Paola Pérez Nieto (Inercia Películas) « m’a vraiment aidé à organiser mes voyages de recherche dans la région, et à tout coordonner. Elle a beaucoup d’expérience dans ce domaine. »

Bien que complexe, le tournage s’est avéré extrêmement enrichissant pour l’équipe. « Nous avons sillonné tout le pays, tournant dans des conditions de chaleur extrême, puis nous sommes allés dans la jungle. Comme nous avons toujours été pris par la main par les communautés locales, avec lesquelles nous travaillons depuis très longtemps, nous avons pu nous rendre sur ces territoires et y travailler en toute sécurité. Les membres de notre équipe provenaient de différents pays, et c’est grâce à cette passion et à notre amitié que nous avons pu vivre une expérience extraordinaire », explique Arango, dont le premier long métrage de 2012, La Playa DC, a remporté le Lions Film Award au Festival international du film de Rotterdam après avoir été présenté en avant-première à Cannes, dans la catégorie Un Certain Regard.

Arango a sélectionné les partenaires de coproduction de WHERE THE RIVER BEGINS avec soin. « Nous avons choisi des personnes en phase avec l’esprit et l’énergie du film. C’est grâce à leur amour et à leur passion que ce film a vu le jour. Pas seulement grâce aux miens, mais grâce à ceux de tous les artistes qui ont travaillé ensemble », explique-t-il avec gratitude. « Cela prouve que des personnes issues de cultures et de pays différents peuvent collaborer et créer quelque chose ensemble. Je pense que le film reflète véritablement une partie de la sensibilité de chacun, et c’est cette diversité qui lui confère toute sa richesse et sa puissance. »

Et qu’est-ce que le « chez-soi »? Pour le personnage principal, et peut-être aussi pour le cinéaste et toute l’équipe de production qui se sont lancés ensemble dans cette aventure, le « chez-soi » est « un endroit où l’on reste ancré en soi-même, là où l’on a ses racines, qui ne change pas, même si le monde ne cesse de changer ».

Présentations spéciales

CLOSING NIGHT : Un premier film inspiré de l'amitié à la distribution éclatante

Metafilms (Canada), Fictious (Australie)

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Avec sa distribution riche en célébrités, dont Sarah Paulson, Naomi Watts, Dianne Wiest, Toby Wallace et Odessa A’zion, le premier long métrage réalisé par l’acteur australien Cody Fern raconte l’histoire d’une actrice célèbre qui renoue avec sa famille, dont elle s’était éloignée.

CLOSING NIGHT a vu le jour grâce à la confiance et à l’amitié », explique la productrice Nancy Grant, de la compagnie montréalaise Metafilms, qu’elle a fondée en 2003 avec Sylvain Corbeil. « Cody et moi sommes meilleurs amis depuis des années et il est resté à mes côtés pendant la préproduction, la production et la postproduction », explique-t-elle. Il y a dix ans, elle a produit et financé le court-métrage Pisces (2017) de Fern. Après être devenu partenaire d’écriture de Devon Bostick (coscénariste de Closing Night), ils ont commencé à partir ensemble en retraites d’écriture, et Nancy Grant « lisait et commentait tout ce qu’ils écrivaient ensemble ».

« CLOSING NIGHT est notre premier film en tant que trio, un projet lancé par Cody et qu’il a toujours voulu réaliser. » Ce sont également ces liens d’amitié qui ont permis de rallier les collaborateurs australiens au projet. « Quand nous avons réalisé que nous pouvions monter une coproduction Canada-Australie, Fictious, notre coproducteur australien, s’est imposé comme un choix évident, car sa cofondatrice, Matilda Comers, était une amie de Cody », explique-t-elle. Certes, certaines coproductions peuvent s’avérer complexes. « Chaque pays a ses propres règles spécifiques, ce qui peut causer quelques maux de tête. » mais elle est reconnaissante, car la réalisation de ce film a été une expérience formidable. « L’essentiel, c’est d’être patient et d’apprécier les personnes avec lesquelles on travaille, et heureusement, c’était le cas pour ce film. »

Cela s’est prolongé jusqu’au tournage à Montréal. « La majeure partie de Pisces a été tournée à Dunham, au Québec, et Cody a toujours voulu tourner son premier long métrage à Montréal avec une équipe québécoise. Je pense que nos équipes sont un véritable trésor national : compétentes, talentueuses et sympathiques. »

Ajoutons qu’elle est aussi réputée pour ses collaborations avec le cinéaste de renom Xavier Dolan (avec qui elle est copropriétaire de la société Productions Sons of Manual) sur de nombreux films acclamés par la critique, tels que Mommy, qui a remporté en 2014 le Prix du jury au Festival de Cannes et, l’année suivante, le prix du meilleur film aux Prix Écrans canadiens. Parmi les distinctions de Grant figurent le Prix du producteur de long métrage décerné par l’Association canadienne des producteurs de médias (CMPA) en 2014 (remis lors du TIFF) et son Prix Indiescreen du producteur établi reçu en 2023.

Avec plus de deux décennies de succès internationaux acclamés et primés à son actif, Grant a produit de nombreux autres titres très appréciés dans les festivals, comme Félix et Meira de Maxime Giroux, nommé Meilleur Film canadien au TIFF en 2014; La femme de mon frère de Monia Chokri, récipiendaire du Prix coup de cœur du jury à Un Certain Regard à Cannes en 2019, notamment. Elle a également été l’une des productrices exécutives du film Valeur sentimentale de Joachim Trier, sorti en 2025, qui a remporté le Grand Prix du jury à Cannes !

Grant apprécie les approches concrètes, c’est l’une des raisons pour lesquelles elle aime travailler avec des réalisateurs débutants. « J’ai produit de nombreux premiers films et j’apprécie le rôle plus impliqué que cela exige de ma part », explique-t-elle. Elle apprécie également de nouer des relations professionnelles à long terme. « J’ai la chance de travailler depuis un certain temps déjà avec mk2 Films [l’agent de ventes internationales de Closing Night]. En tant que productrice, j’aime choisir des cinéastes et des partenaires, puis m’attacher à eux pour construire des relations de confiance à long terme ! ». À l’approche du TIFF, elle a hâte que le public découvre le film lors de sa première mondiale. « Toute l’équipe du film est très impatiente de participer à la première au TIFF et nous avons hâte de regarder le film pour la première fois devant un large public ! »

IN ALASKA : La synergie créative met en lumière des thèmes plus sombres

IJswater Films (Pays-Bas), Experimental Forest (Canada), Uuktumiaq Studios (Canada)

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Présenté en première mondiale, ce thriller coproduit par les Pays-Bas et le Canada est signé par Experimental Forest Films, le studio britanno-colombien à l’origine de The Body Remembers When the World Broke Open (2019), lauréat du prix Rogers du meilleur film canadien.

« C’est l’histoire d’un retour aux sources », explique le producteur canadien Tyler Hagan à propos du film IN ALASKA. « C’est l’histoire d’un jeune homme qui, à travers une situation très étrange et intense à laquelle il ne s’attendait pas, trouve une raison de vivre – ce qu’il n’avait pas au début du film. C’est donc une histoire pleine d’espoir, même si elle ne cache pas les aspects les plus sombres de la réalité de la vie dans le Nord. »

Le film a été coécrit et coréalisé par le cinéaste néerlandais Jaap van Heusden, qui a imaginé l’histoire il y a dix ans, et par Vinnie Karetak, des studios Uuktumiaq basés au Nunavut, connu pour avoir écrit la série Inuktitut Qanurli? et pour avoir joué dans The Grizzlies et North of North. Karatek est également producteur du film In Alaska. Ce duo créatif s’est rencontré pour la première fois lors d’un atelier d’écriture de scénario, ce qui a mené à cette collaboration.

« Ce projet a bénéficié d’un large soutien de la part des deux parties à la coproduction, ce qui était formidable », explique Hagan. Bien que le Canada ait été un coproducteur minoritaire, le film y a été entièrement tourné. Hagan s’est donc montré reconnaissant de la synergie et de la confiance qui ont régné tout au long de la collaboration, notamment de la part de son homologue néerlandais, le producteur Marc Bary, et des producteurs exécutifs de Rhombus Media à Toronto. « Dans toute relation créative intense, on s’engage sur le long terme. On fait preuve de rigueur, mais on espère que les attentes concordent! Heureusement, dans ce cas précis, l’excellente dynamique entre les producteurs et les réalisateurs a contribué à la réussite de ce projet. »

Les équipes étaient également d’accord sur la nécessité de traiter avec honnêteté les thèmes sombres de l’histoire. « Ce n’est pas un sujet que nous voulons traiter à la légère ni de manière sensationnaliste, mais nous ne voulons pas non plus le passer sous silence et faire comme si ces problèmes n’existaient pas », explique-t-il à propos des taux de suicide élevés chez les jeunes Inuits d’Alaska, du Nunavut et du Groenland, qui, précise-t-il, comptent parmi les plus élevés au monde et sont disproportionnellement supérieurs à la moyenne canadienne. « Cela peut clairement être lié à des facteurs tels que les traumatismes intergénérationnels, le colonialisme et la perte du lien avec la culture. “As-tu un but dans la vie? As-tu quelque chose à apporter à ta communauté?” Quand on vit dans une communauté isolée où les possibilités sont rares, les choses peuvent très vite devenir sombres. »

Le projet a participé au Marché de coproductions L’Atelier de Cannes, au International Financing Forum du TIFF ainsi qu’au Venice Gap-Financing Market pendant son développement. Ayant « beaucoup appris » en réalisant ce film, Hagan est impatient de le partager avec le public du TIFF. « C’est gratifiant de ressentir les réactions et les émotions. On travaille sur des projets pendant tant d’années, en relevant des défis incroyables en cours de route. C’est formidable de célébrer ce film et l’excellent travail accompli par des centaines d’artistes. »

 

Pour tout savoir à propos de la présence du Canada au TIFF 2026, veuillez consulter la page de l’événement : Le Canada au TIFF 2026. On se voit là-bas!

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