Le « saut dans le vide » de Geneviève Dulude-De Celles : Nina Roza en primeur à la Berlinale! 

05 • 02

Lorsque Nina Roza, deuxième long métrage de fiction de Geneviève Dulude-De Celles, sera présenté en première au 76e Festival international du film de Berlin(site externe) , où la coproduction entre le Canada, l’Italie, la Bulgarie et la Belgique sera en compétition, la cinéaste montréalaise y sera en compagnie de plusieurs membres de son équipe technique et de la distribution! Originaires de tous ces pays, ils et elles seront réunis pour la toute première fois à l’occasion de cette première mondiale – sorte de réunion de famille cinématographique! 

«  C’est très émouvant pour moi  », dit Dulude-De Celles, qui a écrit et réalisé ce drame au sujet de Mihail, un immigrant et collectionneur bulgare qui doit retourner dans son pays pour évaluer la production artistique d’une enfant prodige de la peinture.  

La réalisatrice Geneviève Dulude-De Celles. ©Danny Taillon

« Tous ces talents ont travaillé ensemble pour créer le film, et ça me touche beaucoup que nous soyons tous réunis pour la première. » Elle est également ravie de pouvoir partager l’expérience en direct devant un public. « Je suis reconnaissante d’avoir la chance de présenter mon film pour la première fois dans une grande salle. J’aime l’échange avec le public dans les festivals de films, car c’est intéressant d’avoir sa réaction à chaud. » 

Le premier long métrage de Dulude-De Celles, Une colonie – qui a remporté les grands honneurs en 2019 à la Berlinale dans la section Generation Kplus destinée à un jeune public – s’inspirait de sa jeunesse où elle a « grandi à la campagne près d’une communauté autochtone ». Ce deuxième film est plutôt un amalgame de plusieurs histoires basées, entre autres, sur l’idée de ce qui arriverait si une personne immigrante devait retourner dans son pays d’origine pour la première fois, et sur une vidéo virale que Dulude-De Celles a vue par hasard.  

« Je suis tombée sur une vidéo virale à propos d’une enfant artiste peintre, et j’ai été frappée par sa maturité, ce qui m’a amenée à me renseigner sur ces enfants et à m’intéresser au processus d’acquisition de leurs œuvres d’art, où la confiance est en jeu. On ne sait pas s’il y a un parent ou un adulte derrière tout ça, ce qui devient la quête de notre personnage principal, Mihail. » 

Affiche de Nina Roza.

La création de Nina Roza

La cinéaste explique qu’au départ, l’action devait se situer en Roumanie, où elle a vécu un certain temps dans la vingtaine. Lorsque ce plan est tombé à l’eau, l’un de ses producteurs belges a dit : « Est-ce que ça pourrait se passer en Bulgarie? ». Effectivement, c’était possible. « Nous avons modifié le scénario pour que l’histoire se déroule en Bulgarie, et tout s’est enchaîné naturellement », dit-elle. Le film a été tourné là-bas, ainsi qu’à Montréal.

L’histoire derrière la réalisation du film – de la recherche de partenaires internationaux et de financement à son succès critique (avant même sa première très attendue) – témoigne de la qualité de son récit, de la créativité de ses producteurs et de l’importance de sa présence sur les marchés internationaux, grâce, notamment, au soutien de Téléfilm Canada.  

Par exemple, les coproducteurs italiens se sont joints au projet lorsque Dulude-De Celles et son équipe ont assisté au Venice Gap-Financing Market. Faisant partie du Festival international du film de Venise, cette plateforme aide les compagnies de production internationales à obtenir du financement pour leurs projets. Et c’est précisément ce qu’ils ont fait! 

« Ce marché nous a vraiment aidés, dit-elle. Sans lui, nous n’aurions pas pu travailler avec les producteurs italiens. Nous les avons rencontrés, ils ont lu le scénario et ils ont été super emballés par le projet. Alors, on a dit : “OK on se lance!”. » 

Afin d’optimiser la collaboration avec ces nouveaux partenaires, Dulude-De Celles a modifié le scénario une fois de plus pour que la galerie d’art appartienne à une personne d’origine italienne et qu’elle puisse ainsi offrir un beau rôle à une actrice italienne. Elle ajoute : « Nous avions une créatrice de costumes et un preneur de son italiens, et nous avons terminé la postproduction là-bas, notamment l’étalonnage et le mixage. » 

Et aux étapes finales de la postproduction, lors de l’événement Locarno Pro(site externe) du Festival du film de Locarno l’été dernier, le film inachevé a remporté deux grands prix : le Urban Post First Look Award et le Jannuzzi Smith Award. Le Canada était le pays à l’honneur dans le cadre du volet First Look du Festival de Locarno, et Nina Roza faisait partie des six projets sélectionnés pour y être présentés. Dulude-De Celles est reconnaissante d’avoir eu le privilège d’y participer.  

 

Des films primés nés de la passion et de la curiosité

Dulude-De Celles est une habituée du circuit des récompenses internationales. Parmi les nombreux prix prestigieux récoltés par ses différents projets au fil des ans, mentionnons le prix Écran canadien 2019 du Meilleur premier long métrage pour Une colonie et, en 2015, un prix des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) pour Bienvenue à F.L. Elle a aussi frappé un grand coup au Festival du film de Sundance en 2014 où son premier court métrage professionnel, La coupe, a obtenu le prix du jury du court métrage international de fiction.  

« Sundance était spécial, se souvient-elle. À l’époque, ce prix nous a donné confiance en nous. Il nous a aidés à aller de l’avant et à croire en nous. Car au début d’une carrière en cinéma, il faut avoir la foi. On fait un saut dans le vide. » La coupe était aussi le premier court métrage professionnel de sa compagnie de production de longue date, Colonelle films, avec laquelle elle travaille encore aujourd’hui.

Ce dévouement et cette passion l’ont menée sur la bonne voie. Avant même qu’elle n’étudie en cinéma et qu’elle commence à faire des films, ses parents, qui s’intéressent à l’art, l’encourageaient à faire preuve de créativité et de curiosité. Il n’est donc pas surprenant que de travailler avec de enfants soit tout naturel pour Dulude-De Celles, elle-même mère. « J’ai eu la chance de beaucoup travailler avec des enfants acteurs – je suis plus habituée à ça qu’avec des adultes! »  

Nina Roza met en vedette deux jeunes jumelles bulgares, vivant à Montréal, dans leur premier rôle à l’écran. « Elles sont éblouissantes dans le film », dit la cinéaste. Ce sentiment d’innocence et de découverte anime les acteurs et les actrices du film, dont plusieurs jouent leur premier grand rôle. « Les personnages ont beaucoup en commun avec les interprètes, dans leur histoire, ce qui fait ressortir quelque chose de spécial dans leur jeu, car ils et elles parlent aussi, d’une certaine manière, de leur propre expérience », ajoute-t-elle. 

Bien sûr, il est spécial pour Dulude-De Celles de revenir au festival qui a honoré son premier long métrage afin d’y présenter son second, mais pour elle, la plus grande récompense est d’avoir la chance de travailler avec des « collaborateurs et collaboratrices fantastiques », et d’entretenir les relations créatives internationales qui ont donné vie à cette histoire. « J’ai une famille artistique au Québec, et je peux maintenant dire que j’ai une famille artistique en Belgique, en Bulgarie et en Italie – je suis vraiment chanceuse. » 

 

Nina Roza a été produit par Colonelle films (Canada), UMI Films (Italie), Echo Bravo (Belgique), Ginger Light (Bulgarie) et Premier Studio Plus (Bulgarie). 

Apprenez-en plus sur la présence du Canada au 76e Festival international du film de Berlin, qui a lieu du 12 au 24 février 2026, ici . Et découvrez ici les coulisses d’autres coproductions canadiennes financées par Téléfilm participant à la Berlinale!  

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